Test - The Cave

Il était une fois plusieurs fois...une cave.

Test - Hotline Miami

Un animal est dans la place.

Test - Faster Than Light

Le space opéra minimaliste

Test - Edna and Harvey's New Eyes

Lili au pays des Nerveux.

Test - Lucius

Je suis ton fils!

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Test - Hotline Miami


     Disponible depuis Octobre de l'année dernière sur PC et Mac, je me devais de vous pondre mon ressenti sur ce qu'est Hotline Miami.[UPDATE] Il vient d'être annoncé sur PS Vita et Playstation 3 pour le printemps.

     Développé par Dennaton Games et édité par Devolver Digital, Hotline Miami a su intéresser les joueurs et la critique par son originalité. Voyez pourquoi.



     Sur la base d'un jeu à scoring, vous incarnerez un serial killer bien amoché dans un Miami des années 80. Graphiquement très recherché, le jeu agresse la rétine avec des couleurs vives tout droit sorti d'un clip des années 80 justement. C'en est presque kitch mais ça lui donne une force et une cohérence conséquente au vu de l'intégralité du soft.



     Dans le fond, Hotline Miami se démarque aussi avec une histoire étonnante. Tous vos meurtres seront prémédités et commandés par un individu dont vous n'entendez que la voix qui traverse le répondeur de votre téléphone. Au fur et à mesure de la progression, vous comprendrez ainsi les raisons d'un tel drame. Non sans mal car le récit relève réellement d'un trip sous acide ou les évènements s'entre-croisent de rencontres vraiment étranges. A vous de démêler le vrai du faux.


     Le jeu affiché en caméra aérienne, vue de dessus, rappelle l'époque des deux premiers Grand Theft Auto ( GTA). Il hérite d'ailleurs de son ultra violence qui pour le coup impressionne réellement. Claquer des têtes, percer et mutiler des corps aura rarement été aussi dérangeant et jouissif. Est-ce à cause de la pauvreté des graphismes, de la suggestion que le visuel implique? En tout cas, c'est sacrément efficace. 

     Comme il s'agira de finir des niveaux fermés en tuant la totalité des personnages armés sur la carte, un arsenal évolutif sera là pour vous aider. Constitué d'armes à feu et d'armes blanches, la variété des massacres jouera en votre faveur et sur celui de votre score final. Un score qui vous donnera accès à toujours plus de matériel. Il faudra ainsi être rapide, s'adapter aux conditions et être particulièrement agile dans le maniement des armes. Oui, vous allez en baver puisque autant vous dire que la moindre balle, le moindre coup vous sera fatale. Heureusement pour vous, le retour à la vie est instantané. Vous allez souvent recommencer les niveaux jusqu'à réussir ce que vous pensiez alors impossible. La frustration des nombreuses défaites donne à coup sûr une grande joie aux victoires. Une étrange sensation quand il s'agit de tueries bestiales et qu'on admire un peu hébété les salles recouvertes de sang après notre passage.. .Mais, c'est une des forces d'Hotline Miami comme d'un certain Super Meat Boy il y a maintenant quelques années.
      
     Autre point non négligeable bien qu'un brun mal exploité selon moi, votre bain de sang ne se fera jamais sans une couverture adéquate : votre masque. Une vingtaine de ces derniers, représentant des animaux comme le cochon, le tigre ou l'éléphant, sera choisi à chaque début de niveau pour vous octroyer un bonus. Le problème étant, vous opterez souvent pour le même car on a cette mauvaise impression qu'une poignée seulement sert réellement à quelque chose. Je vous laisse seul juge pour ce point.



     S'il y a bien une chose qui par contre relève du respect, c'est la qualité de sa bande son. Compilation d'artistes électroniques et dance, la musique vous emporte dans la frénésie de vos coups. Elle colle parfaitement à cette ambiance psychédélique, malsaine et rétro du jeu au point de filer des frissons. Si vous voulez d'ailleurs en avoir un aperçu, je vous conseille de suivre ce lien. C'est la force incontestable du titre.



     Disponible sur Steam et sur Gog.com, Hotline Miami est un des jeux indépendants qui marque les esprits. Son gameplay percutant et simple, sa violence démesurée et son histoire mystérieuse au coeur d'un Miami glauque des années 80 en fait un must have. Une suite est d'ores et déjà prévu. Le rendez-vous est pris.


News - Serious Sam Double D XXL arrive sur XBLA.


     Déjà sorti sur PC l'année dernière, la suite du très douteux Serious Sam Double D sorti en 2011, se prépare à débarquer sur Xbox Live Arcade pour le 20 février de cette année.

     Pendant que d'autre se prépare à lancer les hostilités de la prochaine génération de console, Devolver Digital, Mommy's Best Game et Mastertronic déploie l'artillerie lourde en vidéo et images. Et rien que pour la vidéo promotionnelle, le jeu mérite de sortir.


     Pour ce qui est du contenu, on garde les bases du premier opus, puisque concrètement c'est une édition améliorée avec moult nouveautés. 
     Au programme de ce Shoot'em up des enfers, un mode coopération à 2 en local avec l'apparition du très excité Huff. L'amélioration du mode Gunstacker avec 30 nouvelles armes à assembler entre elles. De nouvelles campagnes et missions Challenge pour mener des batailles chaotiques à dos de ptérosaure ( les joueurs de Turok savent) ou sur des monocycles géants. Les ennemies ne sont pas en reste avec de nouvelles classes comme le Torcher Kitty au nom évocateur ou l'Explosion Eater

Si avec ça, vos soirées sont toujours ratées, je ne sais plus quoi faire pour vous.




News - The Vanishing of Ethan Carter en teaser.


     Un poil en retard, je tenais quand même à vous communiquer l'annonce d'un nouveau jeu en création chez The Astronauts

     C'est le premier projet de ce nouveau studio polonais composé d'ancien de People Can Fly, à qui on doit Painkiller et Bulletstorm ( et bientôt le nouveau Gears of War avec Epic). 


Bien loin des AAA, The Vanishing of Ethan Carter, inspiré de contes et nouvelles macabres du début du XXème siècle, veut vous plonger dans l'immersion d'une nuit noir, un casque audio sur les oreilles.  

     Le jeu vous fera incarner un détective doué d'un don surnaturel pour visualiser les scènes de crime à la recherche d'un jeune garçon enlevé il y a peu. C'est dans une onirique région montagneuse que vous découvrirez le corps mutilé d'un des ravisseurs. A l'aide de vos capacités et d'outils modernes, l'enquête prendra forme autour d'une force antédiluvienne qui règne sur ces monts.

Construit avec le moteur Unreal Engine 3, les développeurs parlent d'un jeu d'exploration et de découverte au gameplay dépouillé. Le jeu est prévu pour cette année sur PC.


Je suis personnellement très friand de ce genre de promesse qui n'est pas sans rappeler le travail de Frictional Games sur Amnesia. Et pour une fois, même si au vue de la synopsis on pense tout de suite à l'écrivain H.P. Lovecraft, j'ai un espoir qu'Edgar Allan Poe soit aussi mis en avant par les développeurs. 

Avec Amnesia : A Machine For Pigs qui arrive aussi cette année, 2013 risque de sonner la fin de votre santé mentale.

Test - The Walking Dead



     Ce n’est plus une surprise, Robert Kirkman aura marqué toute une génération avec sa licence à succès : The Waking Dead. Tout d’abord encensé par la critique avec son comic book puis à la télévision avec une série du même nom, il ne manquait que le jeu vidéo pour afficher une réussite totale.  Dans une interview accordée au Wall Street Journal , Dan Connors le CEO de Telltale Games, a indiqué que 8,5 millions d’épisodes de The Walking Dead ont été vendus. Mission réussie pour l’équipe de Telltale Games qui a su proposer un jeu orignal, de qualité et formidablement bien commercialisé. Une grosse baffe pleine de pixels comme on les aime.

     S’attaquer à une licence si emblématique et si sombre  dans le monde des comics book était un sacré risque. Qui plus est le choix de Telltale Games quant au fait de créer une histoire originale n’utilisant que l’univers de la licence et non ses personnages. A l’annonce du titre, le scepticisme était clairement au rendez-vous. En décidant de commercialiser son jeu sous formes d’épisodes entre avril et décembre 2012 le studio a également choisi la difficulté. Un premier épisode bancal aurait facilement pu nuire au succès du titre.  The Walking Dead est morcelé en cinq parties, toutes étant construites de marnière presque télévisuelle. Tout y est : le résumé de l’épisode précédent, les rebondissements dans le scénario, les cliffangers de fin d’épisode…  Le moins que l’on puisse dire c’est que le studio a su nous tenir jusqu’au bout de cette formidable aventure en compagnie de Lee et Clémentine, les deux personnages principaux. 

     Bien qu’ayant un format inhabituel, The Walking Dead arrive encore à nous surprendre grâce à son mode de jeu basé sur la capacité du joueur à faire des choix. De simples choix, ni bons, ni mauvais, juste des choix. Il vous sera ici demandé de prendre des décisions, souvent dans l’action et donc en très peu de temps, qui auront un impact direct sur le reste de votre aventure. Mes chers amis, après avoir joué à The Walking Dead, choisir entre un croissant et un pain au chocolat ne sera plus jamais une difficulté pour vous.

     Vous vous retrouverez dans la peau de Lee Everett un trentenaire sur le point d'être transféré en prison pour des raisons encore obscures. Alors que vous faite route, menotté, à l’arrière d’une voiture de police, cette dernière percute un zombie errant sur la route. Votre incarcération deviendra vite le cadet de vos soucis car vous vous retrouvez  encerclé par des zombies. Dès le début de l'aventure, vous ferrez la rencontre d’une petite fille de huit ans, Clémentine, qui apparaîtra comme votre seul salut dans un monde en perdition, ou les comportements humains les plus scabreux et plus bas seront de rigueur.

     Parce que sur Indéblogable on aime le travail bien fait, nous avons décidé de ne pas vous présenter un mais deux avis du jeu :


  • Quand le jeu en vaut largement la chandelle.
     Ayant maintenant fini le jeu il y a plus d'un mois, j'ai bien eu le temps de digérer l'expérience qui m'a été donner de vivre dans The Walkind Dead. Ce qui frappe toujours en premier dans un jeu vidéo c'est l'ambiance qu'il dégage. Graphiquement très proche d'un comic book grâce à son Cell Shading, j'ai totalement été séduit, et ce dès le début. Je ne sais pas vous mais je trouve que cette patte a transcendé la capacité à faire passer des émotions sur ces visages très expressifs. C'est toujours plus percutant quand ce que vous voyez à l'écran ressemble à l'émotion que dégage le doublage audio. Dans ce jeu c'est typiquement réussi au point de vous faire ressentir biologiquement les émotions. J'ai eu peur, j'ai rigolé, j'ai douté, j'ai eu du courage et j'ai aussi pleuré. Vous n'y échapperez pas.

     Loin des clichés habituelles que nous sert le jeu vidéo depuis maintenant 40 ans, les personnages de The Walkind Dead ont une profondeur qui désarme. J'ai été bluffé plus d'une fois par la réaction de certains personnages. Quand vous n'arrivez plus à prévoir ce que pense un personnage, au moment où tel évènement se produit alors que vous pensiez cerner le dit-personnage, c'est que les développeurs ont réussi leur coup. Un coup marketing impeccable lui aussi. Étaler les chapitres sur plusieurs mois donne un rythme trépidant excellent pour une narration plus proche de la série. Et ça fonctionne vraiment bien au point de donner du punch à cette histoire et finalement à ce dénouement incroyable.

     Je ne peux pas cacher que les Quick Time Event (QTE) mêlés aux prises de décisions parfois angoissantes de The Walking Dead fonctionnent à merveille. Parfois intense ou parfois pausé, le scénario tient très bien sur la longueur. Le fait de toujours découvrir de nouveaux personnages participe énormément à vous captiver.  Les lieux fréquentés sont très variés mais souvent urbains. Ils manquent par-contre un peu d'âme. Un point qui pourra s'améliorer dans la deuxième saison. Même si vous avez la sensation d'être obligé de pratiquer tel chemin, les issues sont tellement puissantes voire inattendues que ça en devient une qualité. Je pense réellement qu'un nouveau genre de jeu vidéo est né : le jeu narr'actif.

  • "The Walking Dead, une bifle pleine de pixel comme on les aime"
     Ayant terminé le cinquième et dernier épisode il y a peu de temps, la fin de The Walking Dead reste encore fraîche dans mon esprit. Véritable expérience vidéo ludique, il est clair que ce jeu restera pour moi encré, bien au chaud, dans mon top des jeux indé. Pourtant, il existe tout de même un bémol. Je crains en effet que Telltale Games et quelques journalistes nous ont vendu du rêve. Je m'explique. Vendu comme étant LE jeu aux fins multiples ou chaque choix aura une influence massive sur la suite des évènements n'est en fin de compte pas si impressionnant que ça. Les choix proposés amènent souvent aux mêmes situations et ce qui doit arriver arrive indubitablement. Mais cela est-ce vraiment un défaut ? Cette poudre aux yeux nuit elle vraiment au titre ? Et bien non. Ce qu'il faut savoir c'est que The Walking Dead est un One-Shot. Rare seront ceux qui reviendrons à ce jeu tant l’expérience est puissante. Les choix étant les vôtres, presque intimes, il n'y a aucun intérêt à refaire le titre tant la fin vous conviendra. Alors si "les fins" ne sont pas si différentes que ça, ou est le problème ?

     Telltale Games a formidablement bien réussi son pari en utilisant une licence comme The Walking Dead. Véritable pépite du genre, on espère que la deuxième saison sera plus poussée, intuitive et nous emmènera aussi loin dans une nouvelle aventure humaine. Espérons simplement que le studio ne tombe pas dans la facilité en allant trop loin dans le sentimentalisme et le malsain.


     Maintenant que le jeu peut être patché en français, vous n'avez plus aucune raison d'hésiter. Oubliez vos préjugés sur les jeux point and click ou sur les dessins en cell shading, l'histoire et l'expérience que procure The Walkind Dead mérite bien son titre de Jeu de l'Année 2012, un point c'est tout.

News - Trial Evolution s'offre une Gold Edition.


     Un des meilleurs jeux indépendants de l'année 2012 refait parler de lui. C'est à travers cette vidéo qu'on apprend l'arrivée sur PC le 21 mars d'une Gold Edition. Une édition créée pour l'occasion qui comprend Trials HD et Trials Evolution dans une parure graphique améliorée et aussi bien en boîte qu'en dématérialisé. Si vous voulez vous convaincre du divin bonheur que procure le premier opus, vous pouvez toujours lire et relire le test made in Indéblogable.


Test - Little Inferno


     Quoi de mieux qu'un bon feu de cheminée pour passer un moment agréable, oublier ses soucis et regarder les flammes vous bercer? C'est surement ce que se sont dit les gars de Tomorrow Corporation (du même nom que la société in game). Composée de Kyle Gabler, compositeur et développeur attitré de Little Inferno, et de ses fidèles acolytes Allan Blomquist et Kyle Gray. A eux trois, ils ont créé un jeu qui est difficile à décrire tant il est prenant et pourtant futile.

     Dès les premières secondes, sa musique harmonieuse, puissante et exaltante va vous transporter. Si vous êtes un joueur attentif, vous reconnaîtrez un graphisme et une emprunte musicale ô combien reconnaissable. Je veux bien sûr parler de World of Goo. Souvenez vous de ce jeu avec des petites boules de Goo qui s'assemblaient pour créer des structures complexes capables de monter haut dans le ciel. Si la ressemblance est frappante c'est tout simplement parce que Kyle Gabler est à l'origine de ce dernier en tant que co-fondateur de 2D Boy. Maintenant que les présentations sont faites, passons aux choses sérieuses.


     Comme expliqué à l'instant, Little Inferno c'est d'abord un jeu d'ambiance. Pour moi, il excelle dans l'art de scotcher un joueur à un écran, peu importe le contenu. Véritable expérience vidéoludique, Little Inferno est un simulateur de feu de cheminée. Rien de plus. Pourtant, j'ai passé bizarrement une heure voire plus sans m'ennuyer dès le premier essai. Ultra addictif, attiser un feu avec des objets achetés préalablement n'aura jamais été aussi drôle. Et histoire de vous hypnotiser un peu plus, le but est de trouver des combinaisons qui vont vous faire avancer dans le jeu. Simple et terriblement efficace. Ce qui fait aussi son irrésistible force, c'est d'être pleins de références diverses et variées qui toucheront votre âme de joueur. 


     Pour finir et parce que Kyle Gabler dispose d'un héritage, Little Inferno est un jeu qui n'oublie pas un fond encore une fois très étonnant. World of Goo posait les bases d'un raisonnement sur l'écologie et l'imaginaire. Son petit frère spirituel introduit la société de consommation et une léthargie ambiante sociétale. Je ne vous en dis pas plus. 

     Si vous avez déjà fait World of Goo et si vous aimez les ambiances travaillées, Little Inferno est fait pour vous. Pour les autres, le trailer ou sa bande-son chatoyante devrait vous convaincre d'y attacher un peu d’importance. Parce qu'il dispose d'un gameplay très simple et d'une structure par étape, il vous viendra surement l'envie d'y revenir de temps en temps, même après avoir fini l'histoire qui disons-le, n'est pas très longue. Alors, un peu à l'image d'un Journey de Jenova Chen, l'expérience que procure Little Inferno vaut le coup d'être vécu. Tomorrow Corporation vous ouvre ses portes sur le siteSteam et WiiU. Bienvenue.


Test - Deponia


Si vous ne connaissez pas encore Daedalic Entertainment, je ne peux que vous conseiller de lire le test de Edna & Harvey's New Eyes.

     Deponia est la nouvelle licence du studio allemand. Et parce qu'on ne change pas une équipe qui gagne, on reste dans l'univers du point and click déjanté en anglais sous-titré anglais encore une fois. C'est comme un retour dans la maison familiale : c'est agréable de revenir dans un endroit que l'on connait bien. Heureusement pour nous, Daedalic a pensé à intégrer de bonnes idées pour animer ce voyage loufoque.

     Ce qui est vraiment agréable avec Daedalic, c'est le soin apporté à la bande son. Dès les premières secondes, on comprend que l'ambiance sera bonne. Plus encore, l'introduction du jeu fascine. On nous transporte dans un univers en chanson avec un didacticiel hilarant qui tranche avec la tendance à un réalisme et à des situations sérieuses que l'industrie du jeu vidéo veut faire valoir avec les grosses licences.




     Dans l'histoire, on se voit donc incarner Rufus, un utopiste gaffeur et égocentrique en quête d'aventures extraordinaires. Et des aventures, il va en avoir. Un peu contre sa volonté mais parce qu'il l'a bien cherché quand même, faut pas déconner, Rufus va faire une rencontre qui va l'emmener loin de cette vie qui l'ennuie, loin de la simplicité de Kuvaq, la "ville décharge" et de Deponia, la "planète décharge". Il se promet à une vie sur Elysium, une planète où l'on dit que la vie y est belle et pleine de luxe, où les déchets n'ont pas leur place. Sauf que personne n'a fait le voyage pour en attester. On sait que les apparences peuvent être trompeuses mais ça, Rufus ne veut pas le savoir. Rien ne se passera comme il faut et notre héros fera gaffes sur gaffes dans des situations aussi absurdes les unes que les autres. Et si on prend plaisir à suivre cette histoire à l'humour anglais corrosif, c'est grâce à des personnages travaillés, qu'ils soient récurrents ou même secondaires, qui servent une écriture hautement séduisante.




     Graphiquement original, le titre affiche des tableaux en 2D plutôt chiadés ou les déchets sont autant de détails dans ce monde fait d'objets de récupérations et de métal rouillé. Le dessin est aussi plus travaillé que par le passé. Le design général est vraiment bon. C'est une belle laideur qui étonne, un choix esthétique steam punk qu'on aurait aimé voir dans plus de tableaux. Les animations sont un cran au-dessus de leurs anciennes productions et les courtes vidéos animées sont plaisantes. 

     Le gameplay de Deponia reste du point and click pur et dur. On cherche des éléments de décors pour progresser et intéragir.  C'est malgré tout plaisant de voir que Daedalic a cherché à faciliter cette approche en permettant grâce à la barre d'espace de voir les éléments avec lesquels interagir justement. La molette de la souris est aussi très utile puisqu'il permet d'ouvrir comme un volet l'inventaire du jeu. C'est tout bête mais ça fluidifie grandement l'aventure. 

     C'est justement sur la fluidité du jeu que je veux maintenant revenir. Un point and click sans puzzle c'est comme une épingle sans nourrisse. Vous voyez le jeu de mot? Vous trouvez ça bancal? Deponia c'est un peu ça justement. Les énigmes, bien que très variées, sont des fois tellement capillotractées qu'on se perd dans le décor, à revenir dans plusieurs tableaux en cherchant une résolution qui ne parait pas si idiote une fois accomplie. Étrange sensation qu'on trouvait déjà dans Edna & Harvey's. L'absurde jusqu'au bout des doigts. Un choix qui plait ou non. Peut être que si j'étais un peu meilleur en anglais, certaines subtilités me sauteraient plus aux yeux. 

     Inutile d'en dire davantage. Deponia est la digne suite des jeux de Daedalic Entertainment. On prend plaisir à découvrir le génie inventif et créatif qui rappelle les jeux de Double Fine Productions. Une référence qui fait forcement sens dans le monde très fermé des point and click. Préparez vous à rire, à jubiler et chanter en compagnie du déjà grand Rufus.



Test - Home


     Si vous nous suivez depuis un petit moment déjà, vous vous rappelez peut-être de Home que nous avions mis en avant sur le site. Un jeu développé sous la houlette d'un homme nommé Benjamin Rivers
     Hommage aux jeux du glorieux passé vidéoludique qui, comme un boomerang reviennent sur le devant de la scène. Au grand plaisir des nostal'geek. Home nous rappelle un certain Alone in the Dark. Autant dire les prémices de l'horreur sur galette numérique. Et si j'en reparle aujourd'hui c'est donc pour vous faire un rapide test de mon expérience sur un titre étonnant à plus d'un égard.

     Benjamin Rivers fait découvrir dans Home, un monde en pixel art ( comprendre volontairement grossier). Une orientation graphique qui donne un charme non négligeable à ce jeu d'ambiance sinistre. Vous allez comprendre pourquoi.
     Home, en bon jeu d'horreur, place notre héros dans une situation bien inconfortable. Amnésique et mal en point, le jeu vous propose, à travers différents tableaux horizontaux, de refaire le file des évènements étranges qui se sont produits il y a peu sous le nez de votre héros.


     Simple dans la formule, il y a pourtant beaucoup à en retirer puisque c'est vous et vos actions qui articulent l'histoire qui se déroule. Ainsi, attendez vous à découvrir ce que votre curiosité vous aura poussé à découvrir. 
     Musicalement minimaliste, l'ambiance réussie des bruitages va jouer avec vos nerfs. On vous préviens d'ailleurs très bien en début de partie dans quelles conditions ce jeu doit être joué : dans le noir et avec un casque audio. Très efficace.
Pour la partie contraignante, le jeu est en anglais. Encore une fois, je ne vous facilite pas la tâche mais une fois que vous aurez fini le jeu, vous me remercierez. D'autant qu'il est très court. Un peu plus d'une heure suffira pour enfin sortir la tête du cauchemar.Voila pour la forme. 


     Dans le fond, Home est vraiment généreux. Dès les premières minutes, malgré le fait que ce soit du pixel art, on comprend que le personnage boite à travers ces quelques pixels qui le compose et ça j'ai adoré. Mieux, sans trop en dire, soyez attentif aux décors variés du jeu car là encore, Benjamin Rivers a laissé des indices pour nous les joueurs quant aux mystères que cachent l'intrigue. Plus qu'un simple jeu d'aventure inquiétant, Home impressionne par une finesse d'écriture, de game design et cette envie constante de savoir ce qui se cache derrière les portes malgré cette peur de l'inconnu. Personnellement, si je le rapproche d'Alone in the Dark, c'est aussi grâce à un auteur : Lovecraft. Si vous n'avez jamais lu H.P Lovecraft, il est encore tant de découvrir l'incroyable potentiel addictif de ses nouvelles. C'est justement ça, qui fait que Home vaut le coup d'être joué. C'est l'incroyable pouvoir de l'imagination qui se met en marche et vous happe dans un monde fantasmatique. Avec peu de choses, Home vous donnera beaucoup. Pour moins de 3 euros sur le site de Benjamin Rivers ou sur Steam, c'est une des expériences 2012 que vous devez essayer.


Test - Edna & Harvey's New Eyes


     Les point & click ne sont plus légions parmi la ribambelle de jeux qui sortent chaque année. Pourtant, le genre existe encore. Daedalic Entertainment, un studio allemand, a décidé de nous pondre ce que je peux clairement appeler une pépite indépendante. Explications.

     A l'origine d'un premier jeu sorti en 2008 en Allemagne, nommé Edna & Harvey s'évadent, il aura fallu attendre 3 ans pour le voir édité en France. L'engouement rencontré par ce premier jeu aura raison d'une suite que je vous présente aujourd'hui. Et si le premier jeu a su diviser les critiques, autant vous dire que sa suite les a rendu unanimes. Moi aussi.


     Si vous n'avez pas joué au premier jeu, ça tombe bien, vous pourrez jouer sans soucis à cette suite qui s'offre sans mal aux néophytes. Car si dans le premier opus Edna s'évade d'un asile avec son lapin en peluche qu'elle nomme Harvey, vous jouez ici un nouveau personnage : Lili. Quel est le rapport au titre du soft me direz vous? Edna vit dans le même pensionnat que Lili et est accessoirement sa meilleure amie.


     L'histoire tourne donc autour de cette attendrissante Lili au sein d'un pensionnat religieux. C'est plutôt charmant en apparence. C'était sans compter sur la Mère Supérieure qui fait vivre un calvaire à la pauvre petite blonde avec des corvées plus ou moins idiotes. Pas la blonde, les corvées.
     Il faut dire que Lili est une gaffeuse.  Du coup, difficile de lui faire faire quoi que ce soit sans qu'un drame arrive. Je vous laisse découvrir lesquels. Ce qui va déclencher l'aventure est le retour du Dr. Marcel, psychologue à l'asile d'à-coté venant chercher Edna pour la ramener d'où elle vient. A vous d'aider cette dernière à ne pas y retourner. Et bien entendu, rien ne se passera comme prévu. Mais ça aussi je vous laisse le découvrir.

     Ce qui fait tout le charme de ce jeu, c'est son ambiance et sa narration. Autant vous dire qu'il ne se passe pas une minute sans qu'un sourire se dessine sur vos lèvres grâce à un dialogue d'humour plus ou moins grinçant, voire carrément noir, déclaré par un excellent narrateur. Là où le bât blesse, c'est que le jeu est totalement en anglais. Il vous faudra donc comprendre un minimum la langue de Shakespeare pour savourer les délicieuses discussions et inepties du jeu. Personnellement, je n'ai pas un bon niveau d'anglais. Je ne pense donc pas qu'il soit nécessaire de maîtriser parfaitement la langue pour s'amuser.
Pour continuer sur les voix, j'aimerais préciser que le jeu dispose d'un voice acting (ou doublage en français) du tonnerre. C'est propre, drôle et si vous aimez l’intonation de nos anglais de voisins, vous serez aux anges. Franchement, certains personnages, même les secondaires, valent le détour. D'ailleurs, si vous ne connaissez pas Charlie the Unicorn, qui se rapproche beaucoup des intonations du jeu, il est encore temps de le découvrir sur YouTube.

     Si l'ambiance de Harvey's New Eyes est aussi bonne, c'est aussi grâce à ses musiques. Parfaitement fondues dans le décor et dans le ton d'une investigation, hors de question de couper le son tant on y gagne. D'ailleurs, j'ai vraiment été surpris en entendant l'introduction du jeu. Une très belle surprise. Et des surprises, vous risquez d'en avoir tout au long du jeu.


     Graphiquement, c'est très coloré, dans un style cartoon d'un bel effet. Les développeurs se sont d'ailleurs amusés avec les codes couleurs de certains éléments qui vous feront rire très certainement. Difficile d'en dire plus car, point & click oblige, les décors en 2D sont fixent, à vous d’interagir avec lui. En résultera des animations plutôt basiques mais efficaces.

     Le gameplay d'Harvey's New Eyes est aussi un point fort du jeu. Intelligent, vous ne referez jamais deux fois les mêmes énigmes. A vous de trouver comment arriver à vos fins. Certains passages vous seront bloqués tant que Lili n'aura pas accompli une tâche, ce qui vous fera aller aux bons endroits sans vous perdre. S'il faudra tester par abus certains objets sur d'autres (un défaut inhérent au genre), vous ne risquez pas d'être bloqué longtemps. Et si c'est le cas, vous aurez souvent une aide pour passer l'énigme. En plus de ça, l'aventure commence avec un tutoriel pour les plus novices. Gentleman jusqu'au bout. 

     Si vous avez aimé le premier épisode qu'il surpasse facilement ou si vous aimez tout simplement les point & click comme les titres de Pendulo Studio (Runaway, Yesterday) ou de Double Fine Prod (Tim Schafer, Stacking) vous ne pouvez pas passer à côté. C'est tellement drôle et absurde parfois qu'on en oublierait qu'on est dans le monde si brutal et monomaniaque du jeu vidéo. Le jeu est disponible à bas prix sur Steam PC et Mac, profitez en !


News [EDIT] - Amnesia : A Machine for Pigs s'actualise.


     Pendant que certains fêtaient Halloween, Thechineseroom a sournoisement ( ou pas)posté une nouvelle vidéo de son futur et terrifiant titre Amnesia : A Machine For Pigs. C'est qu'à l'origine, il était prévu pour le 31 octobre hein. Manque de pot, le jeu a été réexpédié sur l'année 2013 depuis la dernière annonce. Et chanceux que nous sommes, nous pouvons nous replonger à nouveau dans l’effroi pendant 2.25 min. 
Si vous voulez mon avis, on va adorer détester le porc en 2013.

     [EDIT] Les développeurs, comme annoncé sur le site du jeu, veulent vous faire participer en donnant de votre voix pour l'intégrer au jeu. Les meilleurs cris de terreur seront donc choisis pour terroriser le monde. Tentant non? Pour ça, rien de plus simple, il vous suffira de vous enregistrer en format WAV, ogg ou MP3 et d'envoyé le tout à l'adresse piggies@thechineseroom.co.uk.

Test - Hell Yeah!


     Oooooooh! Comment tu vas derrière ton écran? Tu veux savoir pourquoi j'ai aimé Hell Yeah!?! 
Installe-toi confortablement et déguste ce test.



     On ne va pas passer par quatre chemins, Hell Yeah! : La Fureur du Lapin Mort est un jeu complètement cool. Développé par Arkedo et édité par SEGA, ce petit jeu de plateforme 2D indépendant (pas par l'éditeur, je  crois que c'est claire) a de quoi séduire. Vous incarnez un prince lapin complètement badass nommé Ash venu d'un Enfer un brun déjanté. On vous a pris en photo dans votre bain dans une position plutôt délicate avec votre canard en plastique. Grave erreur. Du coup, votre quête est celle de détruire toutes les preuves, y compris ceux en possession des photos avant que tout ça ne tombe sur l'Enfernet. Je crois que vous avez compris l'allusion.


     Le jeu impose d’emblée un style cartoon trash assumé. C'est coloré et pimpant. Les animations 3D sur chaque terrains de jeu sont propres et variées. Tout est là pour renforcer un petit côté Happy Tree Friends qui n'est pas pour nous déplaire. Découper, concasser et aplatir du monstre mignon c'est un luxe qui ne se refuse pas. Si en plus on peut le faire avec classe, il est difficile de se plaindre. Hell Yeah! justement, c'est une affaire de style. Ecoutez voir, vous allez aimer la suite.

     Ce dingue de Ash a en sa possession un arsenal létal pour conditionner la viande qu'il compte "travailler". Du colt dévastateur au lance-missile en passant par le fusil à canon-scié, Ash a l'embarra du choix. Il dispose aussi d'une scie circulaire qu'il utilise pour forer des parois et pour s'envoler comme si c'était un jet-pack. Logique.

     Pour peu que vous ayez suivi l'actualité, vous savez que le jeu propose aussi des finish move variés pour détruire chaque boss. Ces derniers sont au nombre de 100. Autant vous dire que ça en fait du finish pas propre. Sur la base de QTE très simples (appuyer sur des touches, cliquer ou taper frénétiquement sur la barre espace), on se dit qu'après autant d'itérations, ça sera plus ennuyant qu'autre chose mais non. C'est justement parce qu'ils sont court et drôle qu'on prend plaisir à les faire. Un peu comme avec les Wario Ware si vous voyez ce que je veux dire.


     Le gameplay quant à lui est comparable à n'importe quel autre jeu de plateforme à ceci près que le parcours est semé de pièges.  Oui c'est dur parfois de ne pas se faire empaler. Il faudra mourir puis recommencer au dernier checkpoint. Sauter, tirer, forer, et toutes ces vaillantes actions feront de vous un lapin habile et souple. Attention tout de même aux commandes  un peu vintage, un temps d'adaptation aux touches sera nécessaire, voire un bon coup de main pour maîtriser les pirouettes aériennes combinées aux différentes armes. On a la classe ou on ne la pas.


     Loin de se prendre au sérieux, le jeu arbore des dialogues décalés sans être non plus hilarants. Ils ont le mérite de compléter...rien en fait. La bande son est inexistante. Ne me demandez pas, je ne sais pas pourquoi. Tout ce que je sais c'est que les bruitages sont amusants. Certains rappellent des standards du jeu vidéo. D'autres sont perfectibles comme ceux des boites de dialogues. Je n'aurai pas été contre une bande son 8-BIT tonitruante mais que voulez vous. L'Enfer n'est pas pavé de bons sons.

     Pour finir sur une note positive, il est bon de mentionner que Hell Yeah! est un jeu généreux. Même s'il n'est pas excessivement long. Parcourir les 10 niveaux ultra référencés ( je vous laisse découvrir tous les clins d'oeil) en collectant des pièces et pierres précieuses fera de vous un lapin riche mais, surtout hyper classe puisque vous pourrez dépenser cet argent dans des boutiques créées à cette effet. La personnalisation du personnage est vraiment fun. Toutes les perruques et chapeaux sont des références ou des clichés débiles. La roue peut aussi gagner en substance avec un habillage plus saillant. Vous serez le plus beau pour aller défourailler assurément. Arkedo a aussi pris le soin d'agrémenter le jeu avec un bestiaire original consultable à tout moment. Chaque boss à sa biographie loufoque et un patronyme absurde, ce qui n'a pas manqué de me faire rire. Et en bonus, vous pouvez vous assurez un petite notoriété avec un système de ranking sur le nombre de points engrangés pendant le jeu.

     En conclusion, on peut clairement parler de Hell Yeah! comme d'un bon jeu de plateforme, pleins d'humour et de références. On s'y amuse et on y revient avec plaisir mais il manque peut être un "je ne sais quoi" qui aurait pu le rendre merveilleux. Des pistes musicales ? Un mode multijoueur? Des batailles de monstres ?


P.S : il existe aussi un mode nommé L'île qui permet de gagner un peu de vie, d'argent ou des bonus. Je le trouve tellement mal fait que je n'y mettais jamais les pieds. Voilà voilà...

News - Les premiers pas de The Banner Saga


     Si vous êtes de fins observateurs, vous savez peut-être qu'un des premiers gros projets jeu vidéo du site Kickstarter a fait parler de lui dernièrement. Je veux parler de The Banner Saga de Stoic Studio.

     C'est pendant le Fantastic Arcade, qui s'est déroulé du 20 au 23 septembre à Austin (Texas), que le studio a voulu montrer l'avancement de leur ambitieux projet. Attention, c'est du lourd. Comme Stoic a réussi à récolter sept fois plus de ressources financières que demandées initialement (100 000$ x 7), le jeu a pris du retard. Normal. On parle d'une sortie pour le premier semestre 2013. 

     Mais, point de frustration puisque le studio a travaillé sur la section combat multijoueur prêt à sortir pour novembre sous le doux nom The Banner Saga : Factions. Autrement dit, vous allez pouvoir vous taper comme des rustres en tour par tour avant Noël. Et comme une vidéo vaut mieux qu'un long discours, le mieux est encore de regarder ce reportage made in Stoic pour vous faire un avis que je sais déjà positif, si si.

P.S : Pour les fans, je rappelle que Austin Wintory (compositeur de Journey) travaille sur le projet. Un extrait musical est présent dans la vidéo.

Test - Anna


     Je suis quelqu'un de plutôt curieux alors quand je vois le nombre de jeux horrifiques, les screamers, qui prolifèrent d'une façon incroyable sur la toile, je me suis dit que je ratais peut-être quelque chose...

     Anna est le premier jeu vidéo développé par Dreampainters, un studio italien. De l'indé ? De l'horreur ? Des énigmes ? Du First Person ? Mon attention est entière.

     Loin d'être un grand vaillant en général, j'ai quand même tenté le coup en me disant que ça ne pouvait pas être pire qu'Amnesia. Autant le dire tout de suite, Anna n'a pas les mêmes prétentions. Déjà parce qu'on ne peut pas mourir dans ce jeu. C'est plutôt une histoire interactive qui rappelle ces bons vieux point'and'click où les énigmes vous donnent du fil à retordre. J'aurais plus tendance à le rapprocher d'un autre titre au nom féminin, Dear Esther, développé plus tôt dans l'année par Thechineseroom. Pourquoi ?

     Pour son ambiance. Anna est un formidable jeu d'ambiance. C'est glaçant, glauque et parfois flippant. Les bruitages, plus que les voix, servent admirablement le décor angoissant d'une maison abandonnée. Si vous le testez, vous comprendrez que se retourner ou s'arrêter au moindre bruit suspect toutes les cinq minutes n'est pas un caprice de jeune fille.


     Pour ses graphismes. Pour un jeu indé, il est beau. Pas forcément grâce à certaines textures un peu datées, mais plutôt grâce aux éclairages bien pensés et au design global. Le photoréalisme fonctionne. La ruine est belle et on se laisse bercer par ces flammes de bougies, par une ombre oscillante effrayante ou par d'obscurs dessins rituels. Efficace.

     Pour l'histoire, même si ce n'est pas évident au premier abord, l'intrigue d'Anna se révèle au fur et à mesure. Qui est Anna ? Pourquoi sommes-nous dans cette maison ? Quelle est cette voix fantomatique ? Le mystère plane et se laisse narrer avec plaisir. 

     Pour ses musiques. Une bonne surprise ! On les doit au groupe Goth Chantry. Si elles ne sont pas nombreuses, elles donnent encore un peu plus sa personnalité au jeu. Les morceaux de guitares sèches rappellent les soirs d'hiver au coin du feu. Nostalgique, moi ? Le reste des compositions sont plus organiques, plus proches des routines de l'horreur.

     Anna aurait pu être un très bon jeu si seulement le gameplay n'était pas aussi horrible qu'une gastro sans papier toilette. Sans mentir, beaucoup de choses rendent la progression difficile. L'inventaire n'est pas ergonomique et cibler un objet relève du défi. Ouvrir l'inventaire toutes les cinq secondes pour comprendre une énigme est une corvée. Et justement, les énigmes, parlons en! Je veux bien qu'elles soient compliquées pour donner de la substance au jeu mais quand elles n'ont ni queue ni tête, je ne vois pas l'intérêt. C'est absurde ou très mal pensé. Au choix.


     Du coup, Anna est un bon jeu, intriguant, étrange, torturé qui aurait pu être très bon si seulement son gameplay avait été plus soigné. On se retrouve avec un Deadly Premonition du jeu indépendant pour ceux qui connaissent. Pour les autres, il reste Google. Personnellement, je vous le conseille malgré tout puisque, pour moins de 10 euros, l'horreur est au rendez vous. On espère maintenant que Dreampainters nous comblera encore bien plus avec leur prochain jeu. Pourquoi pas une adaptation d'une nouvelle de Lovecraft? Le débat est ouvert.